
Femmes victimes de violences : les maisons des femmes
Les maisons des femmes ont été créées depuis 2016 à l’adresse des femmes victimes de tous types de violences (conjugales, intrafamiliales, sexuelles, psychologiques…) devant l’ampleur du phénomène et le constat d’échec des prises en charge proposées jusqu’alors. Elles permettent une écoute et une prise en charge pluridisciplinaire autour d’un soignant, d’un psychologue et d’un assistant social dans une unité de lieu ; juristes et policiers peuvent également faire partie intégrante de l’équipe.
La prise en charge est individualisée et coordonnée en interne entre les différents intervenants, et en externe avec la ville (réseaux associatifs et institutionnels). Elle est pensée pour et avec la patiente. Les maisons des femmes représentent donc un lieu unique de soins dans une approche globale de la santé. Elles ont un rôle d’information et de formation des autres professionnels, notamment dans l’amélioration du repérage des patientes victimes. Elles participent également à la sensibilisation du grand public.
“Le problème des violences est complexe, mais pas complexe au point d’être mis de côté et d’être ignoré faute de solutions évidentes.”
Dr Denis Mukwege, gynécologue et prix Nobel de la Paix, 2010.

Reprise du sport en postpartum
Chaque patiente, chaque grossesse, chaque accouchement est unique. Les conseils concernant la reprise d’une activité physique en postpartum ne peuvent donc être uniformes. À chaque femme sa reprise du sport en postpartum : le retour à l’entraînement doit être adapté.
Une fois la rééducation périnéale terminée, le retour à une activité physique en postpartum se fera de façon progressive, encadrée et personnalisée, d’autant plus douce si la maman allaite. La reprise de la course à pied est déconseillée avant 12 semaines mais en aucun cas à repousser si les différents signaux sont au vert. Il faudrait encourager les jeunes mamans à bouger de façon sécuritaire et progressive plutôt que de les freiner, en les amenant à être conscientes des signes et symptômes à surveiller en période de reprise pour leur plancher pelvien.

Hyperémèse gravidique : prise en charge
La prise en charge de l’hyperémèse gravidique a fait l’objet d’un consensus en 2022. La diminution de la qualité de vie et les éventuelles conséquences médicales doivent contribuer à une prise en charge global des patientes :
– évaluation de la sévérité basée sur la perte de poids, l’état d’hydratation et l’utilisation du score PUQE ;
– accompagnement et soutien des patientes ;
– prise en charge non médicamenteuse et médicamenteuse basée sur le ratio efficacité/sécurité, en sachant qu’aucune molécule n’est supérieure à une autre sur la résolution des NVG.
Les algorithmes de prise en charge proposés par le CNGOF permettent d’aider les praticiens dans leur prescription en tenant compte de la sévérité de l’hyperémèse, de l’innocuité des traitements, de l’évolution et de la réponse au traitement.

Le syndrome des ovaires polykystiques : les critères de Rotterdam en question ?
Les critères de Rotterdam publiés en 2003 sont encore présents dans les diverses publications actuelles sur le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cependant, de nombreux articles les remettent en question, essayant de retrouver des critères échographiques ou biologiques moins subjectifs ou difficiles à rechercher pour le praticien. Les recommandations récentes de 2018 semblent finalement approuver ces critères, parfois un peu revisités, dans le diagnostic du SOPK, mais à prendre avec prudence, notamment chez les jeunes filles.

Ménopause et risque cardiovasculaire : quel bilan demander ?
Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent la première cause de mortalité chez la femme avec une incidence croissante des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 60 ans. La majorité des facteurs de risque cardiovasculaire (CV) sont modifiables, certains sont spécifiques aux femmes. La consultation de gynécologie est idéale pour repérer ces facteurs de risque, les corriger et ainsi proposer un bilan et un parcours adaptés.
La ménopause entraîne des modifications des bilans glycémiques et lipidiques, des chiffres tensionnels. Il s’agit d’une période cruciale pour le dépistage et la prise en charge de ces risques. L’estimation du risque CV peut encore être affinée par la mesure du score calcique, risk integrator tant des processus d’inflammation que des facteurs métaboliques (hyperlipidémie et hyperglycémie) qui agissent sur le développement des calcifications coronaires.
Une estimation adaptée et plus précise du risque CV chez les femmes permet d’inciter à des changements de style de vie, de contrôler plus strictement les facteurs authentifiés et de recommander des thérapeutiques préventives afin de prévenir la survenue d’éléments CV impactant l’espérance et la qualité de vie.

Signes d’hyperandrogénie chez la fille : quand explorer et quand traiter ?
L’hyperandrogénie isolée est un symptôme peu fréquent en pédiatrie. Évoquée cliniquement devant un hirsutisme, une acné, une hypertrophie clitoridienne et/ou une accélération de la vitesse de croissance, elle doit être confirmée biologiquement. Une hyperandrogénie chez une fille orientera le diagnostic vers une maladie génétique congénitale non encore diagnostiquée, ou une pathologie acquise des surrénales ou des ovaires.
Quel que soit l’âge de la patiente, l’apparition brutale et/ou évolution rapide des signes cliniques d’hyperandrogénie doit faire évoquer une cause tumorale.
Nous ne discutons pas ici de pilosité pubienne accompagnant un développement des seins dans le cadre d’un début pubertaire central.

La vasectomie en France et ailleurs
La contraception fut longtemps l’apanage des femmes, les hommes, malgré une information correcte, restant en retrait pour des raisons liées à leur virilité. Aujourd’hui, ils manifestent une plus grande volonté de contribuer à la contraception du couple si bien que la vasectomie connaît un essor sans précédent.
Il s’agit d’une méthode de stérilisation et non simplement de contraception, même si la réversibilité peut être envisagée, avec cependant un taux d’échec élevé.
La technique est simple, avec néanmoins la possibilité de quelques complications inhérentes à toute chirurgie. Elle peut se faire sous anesthésie locale ou générale et n’a aucune incidence sur la sexualité.
Il existe par ailleurs des moyens mécaniques (slip chauffant, bains chauds) visant à obtenir une altération de la spermatogénèse par le biais de l’hyperthermie scrotale. D’autres recherches sont en cours (hormonale et non hormonale) également.
La vasectomie tient une place de plus en plus prépondérante dans la prévention des grossesses, avec une efficacité certaine.

Impact sanitaire des perturbateurs endocriniens environnementaux et notion d’exposome : arguments pour un nouveau modèle d’accompagnement des patients vers la santé environnementale
Les maladies environnementales sont en augmentation de façon globale et les sources de contamination sont multiples. Les perturbateurs endocriniens environnementaux font partie des causes de l’apparition des maladies chroniques mais ils ne sont pas les seuls facteurs impliqués. On parle d’exposome pour qualifier l’ensemble des facteurs environnementaux avec lesquels nous interagissons tout au long de notre vie.
Les interactions avec l’environnement auront un impact particulièrement important lors des périodes de vulnérabilité que sont la grossesse, l’enfance et la puberté. L’accompagnement des patients par des mesures de santé environnementale (MSE) pourrait permettre de débuter une sensibilisation à long terme des familles à la santé environnementale mais également de modifier l’évolution naturelle de certaines maladies chroniques.

Quelle activité physique recommander pour la femme enceinte ? Le point de vue du kinésithérapeute
Enceinte, la future maman souhaite souvent adopter de saines habitudes de vie afin de se sentir bien et de favoriser autant que possible le bon développement du bébé. C’est une période propice à la mise en place de “bonnes résolutions” alimentaires, sportives et psychologiques, et dans cette logique l’activité sportive a toute sa place !
En nous basant sur de récentes publications scientifiques, rappelons les bénéfices, les contreindications (absolues et relatives) ainsi que les conseils à donner aux femmes enceintes (notamment concernant la course à pied). Nous verrons dans quel contexte orienter la femme enceinte vers un kinésithérapeute.

Les maisons de naissance en France : retour sur une expérimentation
Les premières maisons de naissance ont ouvert en France en 2015, à titre expérimental. Pour apporter des éléments scientifiques au débat concernant leur éventuelle pérennisation, un groupe de chercheuses a évalué la qualité des soins prodigués dans ces structures.
L’étude descriptive menée a inclus toutes les femmes ayant un accouchement planifié dans les 8 maisons de naissance du territoire en 2018 (n = 649). Les résultats montraient que les femmes étaient bien sélectionnées selon les critères du bas risque de la HAS et que les interventions pendant le travail y étaient très peu fréquentes.
Enfin, les faibles proportions d’issues défavorables indiquaient des résultats encourageants.