
Anatomie morale de la grossophobie
La forte progression de l’obésité dans les pays occidentaux s’accompagne d’une grossophobie décomplexée qui fait rage sur les réseaux sociaux. Pourquoi un tel acharnement à l’égard de personnes qui sont les premières à souffrir dans leur chair de cette condition peu enviable ? De quoi la grossophobie est-elle le nom ? Que recouvre-t-elle exactement ?
Les témoignages, de plus en plus nombreux, de femmes victimes de cette discrimination ordinaire liée au poids révèlent une très vive douleur, une blessure narcissique béante. La stigmatisation sociale est, dans ce cas, intériorisée et peut se transformer en haine de soi. Les représentations jouent en effet un rôle capital. Le courant récent de body positivity a bien tenté de les modifier, mais, en clamant haut et fort la fierté d’être gros, il nourrit la grossophobie qu’il entend combattre.