L’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) est définie par une pression artérielle pulmonaire moyenne (PAPm) supérieure ou égale à 20 mm Hg, associée à une augmentation des résistances vasculaires pulmonaires, une vasoconstriction et un remodelage vasculaire. L’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) correspond au groupe 1 de la classification mise à jour en 2013 (tableau I) [1]. Le diagnostic est souvent tardif en raison du manque de signes spécifiques, mais la dyspnée d’effort reste le maître symptôme. L’écho-doppler cardiaque et le cathétérisme cardiaque droit sont les deux outils qui permettent de confirmer le diagnostic. Le traitement de l’HTAP consiste à prescrire les vasodilatateurs spécifiques. Il existe d’autres moyens thérapeutiques comme l’endartériectomie chirurgicale et la dilatation pulmonaire en cas d’HTAP postembolique chronique. Au stade ultime de la maladie, la transplantation pulmonaire ou cardio-pulmonaire est indiquée [1].
Pendant la grossesse le cœur subit des modifications physiologiques pour s’adapter à la circulation fœto-maternelle. On note alors une augmentation de la consommation d’oxygène d’environ 30 %, une hémodilution, responsable d’une anémie normocytaire normochrome, une augmentation du volume sanguin de 40 à 60 % vers la 32-36e semaine de gestation, le débit cardiaque augmente jusqu’à 8,7 L/min à la 36-38e semaine, le rythme cardiaque augmente de 15-20 battements/minute par rapport au rythme de base, les résistances vasculaires systémiques baissent et la tension artérielle diminue également. Toutes ces modifications sont hormono-induites. Il existe également une hypercoagulabilité par augmentation des facteurs de la coagulation et du fibrinogène, et une baisse de la protéine S avec une résistance à la protéine C ce qui peut entraîner des complications thrombo-emboliques. Le retour veineux est diminué en position assise [2] à la suite d’un utérus gravide, ce qui provoque une compression mécanique des veines iliaques et de la veine cave.
Dans le cas d’HTAP, les patientes présentent des difficultés d’adaptation aux modifications physiologiques de la grossesse. L’augmentation de la volémie et du débit cardiaque est limitée par la dysfonction du ventricule droit. Par conséquent, le risque de défaillance cardiaque droite avec choc cardiogénique est élevé aboutissant au décès des patientes, surtout en cas d’HTAP sévère.
Nous rapportons le cas de trois patientes suivies pour HTP, qui ont mené une grossesse non planifiée. L’âge moyen des patientes est de 30 +/– 4 ans ; les étiologies sont réparties en[...]
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