Un dépistage des abus sexuels conduirait-il à moins d’hystérectomies ?

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Les abus sexuels sur mineurs sont un problème de société et de santé publique. La prévalence de ces abus a été évaluée à 12,7 % dans une méta-analyse reprenant 217 publications pour un total de presque 10 millions de participants [1].

Des études phénoménologiques rapportent le long parcours médical que mènent les adultes ayant survécu à des abus sexuels [2]. Dans l’une de ces études, 7 jeunes adultes avaient consulté en moyenne 18 soignants et avaient subi 8 interventions chirurgicales avant de consulter des spécialistes dans le domaine de la santé mentale. Les abus sexuels n’avaient été reconnus que de façon tardive [3].

Les violences sexuelles ont tellement d’impacts à long terme, tant sur la santé physique que mentale et sociale, que de nombreuses études et le Collège américain des gynécologues et des obsté­triciens (ACOG) recommandent un dépistage systématique des violences sexuelles auprès des femmes [4, 5].

Pourtant, les soignants de première ligne et les gynécologues ne dépistent pas les abus sexuels vécus dans l’enfance auprès de leurs patients adultes [6]. En effet, sur une cohorte de 488 femmes ayant consulté un gynécologue, une étude a pointé que les soignants n’avaient pas posé la moindre question à la majorité des patientes (entre 76 et 99 %) [7].

Dépister

Le dépistage des antécédents de violences, bien qu’il puisse faire peur aux soignants, ne vient pas heurter les patients [8]. Si le soignant n’est pas à l’aise, il pourrait expliquer sa démarche à la patiente : “Je vois beaucoup de femmes qui ont subi des violences, quand j’entends vos plaintes, je me demande si, vous aussi, vous n’auriez pas vécu des choses difficiles au cours de votre vie.”

Une autre façon de faire serait de demander la permission à la patiente, ce qui permet de rendre le questionnement légitime : “Puis-je vous poser quelques questions un peu difficiles ?”

Si la patiente donne son accord, le soignant peut poser une question comme celle-ci : “Au cours de votre vie, auriez-vous déjà subi une forme ou une autre de violence ?” Si la consultation le permet, le soignant peut préciser sa question : “Auriez-vous subi des violences à caractère sexuel ?”

Intérêt détaillé

Les femmes ayant subi des violences dans l’enfance ou plus tard dans leur vie rapportent plus de plaintes gynécologiques [9-11], plus de consultations et plus d’interventions chirurgicales [12]. Les victimes d’abus sexuels sont[...]

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À propos des auteurs

Département de médecine générale, Université Libre de BRUXELLES. Unité de recherche en soins primaires, Université Libre de BRUXELLES.

Département de médecine générale, Université Libre de BRUXELLES.