Intérêt du bilan urodynamique en cas de prolapsus génital

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Le risque pour une femme d’être opérée d’un prolapsus génital est évalué à 11 % [1], avec dans un tiers des cas la nécessité d’une chirurgie itérative soit à cause d’une récidive, soit pour contrôler un trouble mictionnel négligé ou induit. Qu’il y ait ou non des signes urinaires, l’évaluation des femmes porteuses d’un prolapsus des organes pelviens (POP) a pour but de corréler les symptômes avec les signes observés et/ou d’identifier les anomalies infra-cliniques qui pourraient avoir un impact sur le résultat attendu. C’est tout l’intérêt théorique de l’évaluation urodynamique de ces patientes dont la place reste cependant très controversée. L’International Continence Society (ICS) [2] recommande la réalisation d’un bilan urodynamique (BUD) dès lors qu’il s’agit d’un POP de grade supérieur ou égal à 2 et que la chirurgie est envisagée ; le but est de confirmer une incontinence urinaire à l’effort rapportée par la patiente et/ou de démasquer une incontinence potentielle. Cependant, pour Weber [3], le BUD n’a pas d’intérêt dans l’évaluation du POP en termes de rapport coût/efficacité par rapport à l’examen clinique.

Problématique

La prévalence des troubles mictionnels au cours de l’évolution des POP est très élevée. En particulier, l’association d’un POP avec une incontinence urinaire est fréquente : près de 40 % en préopératoire [4] avec un risque de survenue “de novo” en postopératoire de 11 à 20 % [5]. De même, l’existence de signes de manifestations d’hyperactivité vésicale est fréquemment observée chez les patientes porteuses d’un POP plus spécifiquement de l’étage antérieur (pollakiurie, urgence, incontinence urinaire par urgence). Ces symptômes se retrouvent dans 70 % des cas [6] en préopératoire et ne disparaissent pas tous en postopératoire. De plus, quel que que soit le type de POP (cystocèle, hystérocèle, élytrocèle ou rectocèle), dès lors qu’il atteint ou dépasse la vulve, il est susceptible de générer une obstruction à la vidange des urines, responsable d’une dysurie. Cette obstruction peut avoir des conséquences[...]

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À propos des auteurs

Chirurgien urologue, Groupe hospitalier Pellegrin, BORDEAUX.

Chirurgien urologue, Groupe hospitalier Pellegrin, BORDEAUX.