Que faire des polypes intra-utérins ?

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La prévalence des polypes endométriaux est difficile à évaluer dans la population générale. Chez les patientes se plaignant de saignements anormaux, elle est de l’ordre de 9 % [1]. Il existe des facteurs favorisants, des symptômes ou situations indiquant un bilan de la cavité utérine (comme l’infertilité), mais aussi des découvertes fortuites. Devant la présence d’un polype endométrial, y a-t-il des indications formelles d’exérèse chirurgicale ?

Faut-il toujours reséquer les polypes ?

1. En fonction de la symptomatologie

– En cas de symptomatologie invalidante, l’indication de polypectomie est indiscutable ;
– chez les patientes asymptomatiques, l’indication sera discutée en fonction d’autres facteurs de risque notamment de malignité, évoqués plus bas [2]. Le diagnostic de polype endométrial au cours d’un traitement par tamoxifène impose sa résection chirurgicale en raison du risque accru d’atypies et de cancer de l’endomètre [3, 4].

2. Risque de malignité

Le risque de malignité est majeur chez les patientes âgées, ménopausées et hypertendues présentant des métrorragies [4]. Le tableau clinique n’étant que rarement aussi simple, il faut retenir, en pratique, que le risque de malignité est quasi nul avant 40 ans, s’élève entre 15 et 20 % avant 60 ans, et est significativement plus élevé après 60 ans. Le statut ménopausique multiplie le risque par 6. En dehors de Baiocchi [4] pour qui la symptomatologie hémorragique n’est pas significativement corrélée au potentiel malin du ou des polypes, d’autres auteurs, dont Ferrazzi [5], soulignent que la prévalence d’un cancer endométrial chez les patientes ménopausées est 10 fois supérieure si celles-ci souffrent de métrorragies en comparaison aux patientes asymptomatiques. Ferrazi souligne, en outre, que si le diamètre du polype excède 18 mm, le risque de lésion pré- et cancéreuse augmente significativement (fig. 1 et 2) [5].

En pratique, d’après une revue de la littérature portant sur 70 études [6], il semble préférable de réséquer les polypes chez les patientes ménopausées symptomatiques et/ou si le polype mesure plus de 18 mm ou en cas d’autres facteurs de[...]

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À propos de l’auteur

Gynécologue-Obstétricien, SAINT-RÉMY-DE-PROVENCE.