Complémentation alimentaire au cours de la grossesse

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L’état nutritionnel pendant la grossesse et l’allaitement a un impact sur l’état de santé de la mère, les complications obstétricales, le développement fœtal et néonatal et, même, le risque de surpoids et de diabète chez l’enfant.

Beaucoup préconisent aujourd’hui une supplémentation en micronutriments systématique au cours de la grossesse et de l’allaitement en raison du caractère globalement insatisfaisant de l’alimentation occidentale, pauvre en fruits et légumes et en produits laitiers et de l’impact de l’état nutritionnel sur l’état de santé de la mère, sur les complications obstétricales, sur le développement fœtal et néonatal et, même, sur le risque ultérieur de surpoids et de diabète chez l’enfant. Il n’existe pas de recommandations nutritionnelles institutionnelles et il n’existe de résultats concordants que pour quatre micro-nutriments : le fer, les folates, la vitamine D et l’iode [1, 2].

Fer

La carence en fer est fréquente au cours de la grossesse et près de 50 % des femmes n’ont pas de réserve martiale adéquate au début de la grossesse. Dans les pays développés, la prévalence de l’anémie s’accroît d’un facteur 3 durant la grossesse et d’un facteur 4 en cas de grossesses multiples.

Les besoins en fer sont accrus précocement et durablement. Les besoins accrus en fer sont en principe satisfaits grâce à une augmentation marquée du taux d’absorption intestinale. Le fœtus constitue des réserves en fer indépendamment de celles de sa mère.

L’évaluation des bénéfices et des risques d’une supplémentation prophylactique en fer reste difficile et la controverse demeure. Une revue systématique de Cochrane est en faveur d’une supplémentation à visée correctrice du fer seulement en cas d’anémie. Dans cette analyse, les enfants de mères recevant une supplémentation prophylactique tout au long de la grossesse avaient une mortalité in utero ou néonatale plus élevée. L’excès d’apport en fer semble augmenter le risque d’hypotrophie fœtale de 15 à 80 % et diminue le poids du placenta. Une surcharge en fer et le stress oxydatif qui en découle seraient à même de favoriser l’apparition d’un diabète gestationnel [3].

L’ensemble de ces considérations a conduit à ne plus préconiser une supplémentation martiale prophylactique et à la réserver aux gestantes qui ont une carence avérée,[...]

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À propos de l’auteur

Professeur émérite, Faculté de Médecine, Strasbourg.